Sauter le petit-déjeuner aggrave le syndrome prémenstruel (SPM)

petit-déjeuner

Saviez-vous que prendre un petit-déjeuner est super important pour vos hormones et votre cycle menstruel ?

Si comme moi, vous êtes depuis toujours une adepte du petit-déjeuner et que vous ne comprenez pas les gens qui se réveillent et partent travailler avec un café dans le ventre en guise de petit-déjeuner, levez la main ! Les autres, lisez bien ce qui va suivre. Car oui, le petit-déjeuner est le repas le plus important de la journée pour plusieurs raisons. Tout d’abord, nous venons de passer 9 heures ou plus à jêuner depuis notre dernier repas (le dîner), notre cerveau, notre corps demande du glucose pour fonctionner. Ensuite, nous sommes des êtres diurnes, c’est-à-dire qui vivent le jour, pas la nuit. Notre rythme circadien est calé sur le soleil, et notre capacité digestive est au plus haut le matin : une personne en bonne santé produira plus d’enzymes digestives en début de journée et ce jusqu’à ce que le soleil se couche, et la réponse glycémique après le repas sera meilleure en début de journée. On connaît tous le vieil adage qui dit : le matin mange comme une reine, le midi comme une princesse et le soir comme une pauvresse (du moins ceci est ma version!).

Une étude de 2003 a montré que le fait de sauter le petit-déjeuner était associé à des scores significativement plus élevés de douleurs et d’inconfort menstruels chez les jeunes femmes.

L’étude a porté sur 439 femmes japonaises âgées de 18 à 20 ans, dont les habitudes de petit-déjeuner ont été classées en trois groupes :

  • Le groupe 1 prend son petit-déjeuner tous les matins ;
  • Le groupe 2 prend le petit-déjeuner 1 à 6 fois par semaine ;
  • et le groupe 3 prend le petit-déjeuner moins d’une fois par semaine.

L’intensité de la dysménorrhée a ensuite été classée en trois grades :

  1. Score 1, sans douleur ou peu douloureux sans besoin d’analgésique ;
  2. Score 2, douleur nécessitant un antalgique ; ou
  3. Score 3, douleur qui ne peut pas être soulagée par un analgésique.

Leurs habitudes de transit intestinal (aller à la selle) ont également été classées en trois groupes (pas plus d’une fois par semaine, 2 à 6 fois par semaine ou tous les jours).

Les résultats ont montré que les groupes 2 et 3 qui sautaient le petit-déjeuner au MOINS une fois par semaine présentaient des scores de dysménorrhée significativement plus élevés que le groupe 1 qui prenait le petit-déjeuner tous les jours.

Les femmes du groupe 3 qui ont sauté le petit-déjeuner quotidiennement ont également montré une tendance significative à la constipation ( Fujiwara, 2003 ). Les auteurs concluent ainsi : « Puisque la dysménorrhée est un facteur de risque de troubles psychologiques ainsi que de maladies gynécologiques, la présente étude suggère l’importance du petit-déjeuner pour la qualité de vie des jeunes femmes. »

Une autre étude de 2014 en Égypte a soutenu ces résultats avec un groupe de 300 étudiantes fréquentant l’université. Leurs résultats ont montré une augmentation statistiquement significative des douleurs abdominales prémenstruelles, des menstruations irrégulières et des crampes prémenstruelles chez les participantes qui ont sauté le petit-déjeuner par rapport à celles qui ne l’ont pas fait ( Eittah, 2014 ).

VOICI LA VRAIE QUESTION… POURQUOI ?

Je vais vous livrer ici la raison principale qui explique pourquoi le fait de sauter le petit-déjeuner aggrave le SPM. Roulement de tambour…La raison est que sauter le petit-déjeuner revient à prolonger le jeûne nocturne de plusieurs heures, ce qui mobilise des hormones de stress dans l’organisme dans le seul but de fournir du glucose aux cellules du cerveau ou des reins par exemple. Ce faisant, cela bloque l’action de la progestérone (CLIC), cette hormone ultra importante star de notre phase lutéale, qui permet précisément de prévenir les symptômes prémenstruels désagréables, les règles trop abondantes, trop longues et trop douloureuses, l’anxiété et l’irritabilité, entre autres. Oui, la progestérone est la clé d’un cycle en harmonie, et tout ce qui nuit à son bon équilibre, que ce soit au niveau de sa synthèse ou de sa bonne utilisation par nos cellules, va augmenter le SPM, exacerber les cycles anormaux, etc. Ceci est connu grâce aux recherches cliniques du Dr Katharina Dalton. Si vous n’avez jamais entendu parler de cette pionnière de la santé féminine à qui nous devons tant, lisez cet article (CLIC).

Voilà pourquoi j’insiste tant pour que mes clientes réintègrent le petit-déjeuner, et les résultats sont bluffants. De celle qui retrouve ses règles et qui recommence à ovuler par elle-même, à celle qui retrouve l’énergie pour accomplir ses tâches de la matinée. Bien sûr, prendre un petit-déjeuner n’est qu’un des piliers de mon protocole nutritionnel holistique.

« Mais je n’ai pas faim le matin »… Que faire ?

Si vous avez l’habitude de sauter le petit-déjeuner, vous n’aurez plus faim le matin, c’est ainsi. Mais il est possible de restaurer la faim le matin, qui est à mon sens une sensation légitime (après une grosse période sans manger quoi de plus normal ?), naturelle et signe de bonne santé, avec un système digestif fort et performant. Il va falloir vous y aller pas à pas un peu au début mais y aller surement, travailler sur les causes sous-jacentes de votre manque d’appétit : digestion trop lente (pourquoi ? thyroïde en berne ?), hormones du stress trop élevées, hormones de l’appétit supprimées. Commencez par inclure un petit-déjeuner très léger (moins de 150 calories pour donner un ordre de grandeur) et qui vous donne envie. C’est-à-dire que si vous n’aimez pas les petits-déjeuners salés, vous forcer à manger un english breakfast en mode œuf bacon et haricots blancs sera une très mauvaise idée…En revanche on pourra aller vers un porridge aux épices, ou un yaourt et un fruit, ou une petite portion de smoothie protéiné ou même une poignée d’amande et quelques dates. Je suggère toujours que vous mangiez quelque chose dans les 30 minutes suivant votre réveil, même si ce n’est qu’un fruit. Petit à petit, l’appétit reviendra et vous pourrez manger plus. Il vaut bien mieux se « lâcher » au petit déjeuner que de travailler toute la journée et de faire des folies au dîner quand vous êtes épuisée. 

On pourra inclure quelques exercices de respiration pour stimuler l’appétit (exemple : surya bhedana pranayama, kapalabhati) ainsi que des plantes digestives comme la menthe poivrée, le gros thym, le gingembre, les écorces d’orange, l’anis étoilé ou encore la cardamome, sous forme de thé ou infusé dans du lait.

Voici quelques pistes pour retrouver l’appétit le matin. Dites-moi en commentaire si vous prenez un petit-déjeuner tous les jours, et partager vos astuces pour stimuler un bon appétit.

Besoin d’aide pour mettre en place la bonne stratégie alimentaire pour rééquilibrer vos hormones ? Contactez-moi ici (CLIC).

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About The Author

Créole Nutrition

Biochimiste-nutritionniste, spécialisée en équilibre hormonal féminin et phytothérapie caribéenne

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