Souffres-tu de SOPK ou bien d’aménorrhée hypothalamique fonctionnelle (sous-alimentation) ?

De nombreuses femmes reçoivent un diagnostic de SOPK (pour Syndrome des Ovaires Polykystiques), une pathologie caractérisée par un excès d’androgènes, une absence de menstruations, ou alors des règles irrégulières, et/ou des ovaires présentant de trop nombreux follicules à l’échographie. Ce sont en général les 3 critères retenus, mais quelques fois, le diagnostic tombe alors qu’il n’y a que 2, voire un seul des conditions. Le SOPK peut entraîner des troubles de la fertilité et de la pilosité (hirsutisme), ainsi que des complications métaboliques (diabète). Le SOPK est la maladie hormonale la plus fréquente chez les femmes en âge de procréer. Mais se peut-il qu’il y ait un certain nombre de sur-diagnostics de SOPK ? C’est la question que je soulève dans cet article. 

Des règles irrégulières, mais pourquoi ?

Si la plupart des femmes atteintes de SOPK rencontrent des problèmes de règles très irrégulières, qui disparaissent pour 3, 4, 6 mois ou plus, il existe d’autres causes de règles irrégulières ou absentes. Parmi ses causes, il y a ce qu’on appelle l’aménorrhée hypothalamique fonctionnelle (AHF). C’est en fait une cause de perte de règles car il y a absence d’ovulation, et elle peut-être due à une sous-alimentation. L’aménorrhée hypothalamique fonctionnelle peut également se présenter avec de l’acné légère, des poils au niveau du visage et des ovaires polykystiques.

Donc on voit bien que les deux pathologies sont suffisamment similaires pour qu’il y ait confusion de la part de ton professionnel de santé, malgré ses compétences. Ce sont des choses qui arrivent malheureusement, et je voulais attirer ton attention, à toi qui me lis et essaies réellement de comprendre comment comprendre ton corps et les signaux qu’il t’envoie pour retrouver la santé avec une approche holistique et naturelle.

Peut-être qu’on t’a dit que tu souffres du SOPK alors que tu souffres d’AHF. Alors comment faire la différence ?

SOPK vs AHF

SOPKAHF
cycles absents ou irrégulierscycles absents ou irréguliers
ovaires polykystiquesovaires polykystiques
hirsutisme et androgènes élevéshirsutisme léger possible et androgènes bas ou normaux
insuline à jeun normale ou élevée
résistance à l’insuline possible
insuline à jeun faible
sous-alimentation ou régimes pauvre en glucides (low carb)
muqueuse utérine épaissemuqueuse utérine mince
Hémorragie de privation à la progestéronePas d’hémorragie de privation *
pas de risque significatif de perte osseuseperte osseuse
peu de menstruations lors du premier arrêt de la pilulepas de règles lors de l’arrêt de la pilule
tout âgeplus probable à moins de 30 ans mais aussi à tout âge
rapport LH  / FSH élevéfaible rapport LH  / FSH
d’après Morshed et al.; d’après Lara Briden

L’aménorrhée hypothalamique fonctionnelle est l’une des causes les plus fréquentes d’aménorrhée, c’est-à-dire d’absence de règles. Mais qu’est-ce qui peut entraîner un arrêt des règles ? Et bien, il y a notamment la pratique sportive très intensive (les femmes athlètes) ou tout simplement le fait de pousser son corps dans des extrêmes, (pense CrossFit, etc.). Il y a surtout la possibilité d’un déséquilibre de la balance énergétique, c’est-à-dire à cause d’un régime très restrictif, qui aurait entraîné une perte de poids importante, ou qui maintiendrait en situation de sous-poids, de maigreur. Oui, le fait de cesser de manger (choquant !), la mode du jeûne ou jeûne intermittent, et surtout, surtout, la popularité de l’alimentation végétale, végétarienne, végane (vegan), ou le fait de ne manger que du poisson (on dit pesco-végétarien) et même pas tous les jours, tout cela déséquilibre l’alimentation et entraîne des problèmes au niveau du cycle menstruel. Tu peux faire une recherche google « I lost my period vegan compilation » et cliquer sur la compilation en vidéo, c’est assez édifiant. Une sorte de ménopause précoce…

Selon les recommandations de la Société Américaine d’Endocrinologie, l’examen des détails précis sur l’alimentation, les éventuels troubles de l’alimentation, la pratique sportive, les attitudes psychologiques comme le perfectionnisme ou le besoin important d’approbation sociale, l’ambition et les attentes pour soi-même et les autres, les fluctuations pondérales, le sommeil, le stress, l’anxiété, l’humeur, les troubles des règles, les fractures et l’utilisation de drogues, est indispensable. Je me suis rendue compte, que certaines femmes diagnostiquées SOPK sont en sous-poids, mangent très peu et très mal, et ont parfois une relation compliquée avec les aliments nourrissants que sont les protéines animales et les lipides.

Dans AHF il y a le terme fonctionnelle, ce qui implique que la correction ou l’amélioration du facteur causal rétablit une fonction ovarienne normale. Ainsi pour s’en sortir et retrouver un cycle normal, il faut faire le nécessaire, que ce soit de se NOURRIR « pour de vrai », ou arrêter le sport intense à outrance (les marathoniennes ou les CrossFiteuses, on vous voit), ou autre (gestion du stress, travail sur l’amour de soi).

Via la leptine, le cerveau reçoit des infos sur la disponibilité des stocks énergétiques dans le tissu adipeux ainsi que les changements brutaux du bilan énergétique. Cela veut dire que ton cerveau va analyser très précisément la quantité de graisse que tu as dans ton corps, et s’il n’y en a pas assez, il se dit, « ben mince (!), elle est trop maigrichonne, ce n’est peut-être pas le moment de faire un bébé »… Ton cerveau préfère que tu aies un peu de réserves, c’est comme ça, que tu sois d’accord ou non. #désolée

L’aspect d’ovaires polykystiques à l’écho peut survenir à la fois avec le SOPK et l’aménorrhée hypothalamique fonctionnelle. C’est pourquoi le SOPK ne peut pas être diagnostiqué par échographie seule. En fait, le fait de se fier à une échographie pour diagnostiquer le SOPK peut entraîner un diagnostic erroné. Ce qui pose problème car le traitement du SOPK et de l’AHF n’est pas le même d’un point de vue médical déjà, mais d’un point de vue nutritionnel, pour l’AHF, la priorité est de manger beaucoup plus ! Plus de calories, provenant de bonnes graisses, de glucides complexes et de protéines. 

De plus, le SOPK peut entrainer des troubles de l’humeur et des tendances à la dépression, ce qui peut entraîner des Troubles du Comportement Alimentaires (TCA) variés, comme la boulimie, l’hyperphagie, ou l’anorexie. Donc au final, certaines femmes « maigres » peuvent cumuler SOPK et AHF. Dans ce cas, la stratégie consiste d’abord à manger plus pour récupérer de l’aménorrhée hypothalamique, puis à traiter l’excès d’androgènes.

Concrètement, selon Lara Briden, docteure en naturopathie canadienne et « révolutionnaire les règles », « le moyen le plus simple de faire la distinction entre le SOPK et l’aménorrhée hypothalamique fonctionnelle consiste à examiner le rapport entre l’hormone lutéinisante (LH) et l’hormone folliculo-stimulante (FSH). » Lorsqu’il est mesuré entre le 2ème et 5ème jour du cycle (ou après déclenchement des règles s’il n’y avait pas de cycle), le rapport LH / FSH est élevé dans le SOPK ( > 2, mais un rapport déjà > 1 peut être évocateur) et faible dans l’aménorrhée hypothalamique (< 1). « La LH augmente avec l’âge, il n’y a donc pas de valeur « parfaite » pour la LH. Ce qui compte, c’est son niveau élevé ou faible par rapport à la FSH. »

Ne pas avoir ses règles n’est jamais anodin. Pour moi et pour beaucoup de praticiens holistiques, les menstruations et comment elles se passent, constituent un indicateur très important de bonne santé, car traduisent d’une fertilité optimale ou non. Ne pas travailler sur la cause de son absence de règles, c’est s’exposer sur le long terme notamment à l’ostéoporose, à la dominance aux œstrogènes, et en cas de grossesse, à de fausses couches répétées, au retard de croissance intra-utérin, aux accouchements prématurés ou par césarienne pour cause de souffrance fœtale.

N’oublie pas que le fonctionnement de ton corps est intimement lié au statut nutritionnel, c’est-à-dire que toute carence en nutriments ou toute restriction des calories (régimes hypocaloriques), va forcément enrailler la machine. Et l’une des premières fonctions physiologiques à s’enrailler et se mettre en mode veille en cas de situation que le corps perçoit comme défavorable, c’est la fonction de reproduction.

Avec mon protocole nutritionnel holistique, réapprend à te nourrir, et redécouvre des cycles sans douleur, sans angoisse, en douceur, comme prévu par le Créateur.

En santé,

Quelques sources :

Laisser un commentaire

About The Author

Créole Nutrition

Biochimiste-nutritionniste, spécialisée en équilibre hormonal féminin et phytothérapie caribéenne

%d blogueurs aiment cette page :